Lévis Saint Nom
 



Église Saint Nom

Lieu dit Les Marronniers

78320 Lévis St Nom

Les 2ème, 4ème et (éventuels) 5ème dimanches du mois, la messe est assurée à 9 h 45 par le curé, le Père Christian.

Les 1er et 3ème dimanches du mois, la messe est assurée par un prêtre du doyenné.

------

(sauf juillet et août)


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LÉVIS SAINT NOM ET SON ÉGLISE


Le village de Lévis-Saint-Nom s'est tout d'abord appelé Saint Nom-de-Lévy, et cela jusqu'en 1818. La raison en est que Saint Nom avait été donné comme patron à la paroisse dès le 8ème siècle.
Après Saint Nom-de-Lévy, le pays fut appelé Lévy-Saint-Nom, jusqu'aux années d'occupation durant la guerre 39-45, pour prendre alors l'appellation actuelle de LEVIS-SAINT-NOM.
On peut avec certitude faire remonter l'existence de Lévis jusqu'aux temps les plus reculés de la période mérovingienne. Nous devons faire appel aux vieilles chartres carolingiennes pour trouver l'éthymologie de LEVY.
On rencontre en effet le nom de ce pays dans un diplôme de l'année 774,sous la dénomination de " ad Levicias ", par lequel Charlemagne confirmait la donation que le roi Pépin Le Bref, son père, avait faite en l'année 768 à l'abbaye de Saint-Denis d'une portion de la forêt Yveline.
Un autre document contemporain aussi du règne de Charlemagne, le polyptyque de l'abbé Irminion, constate l'existence de Lévy, où l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés possédait une portion de forêt (dans laquelle pouvait paître 170 porcs).
La famille de Lévis apparaît dans les textes à la fin du 12ème siècle (1181), déjà apparentée aux maisons de Chevreuse, de Maurepas et des Bordes. Cette famille fut une des plus célèbres du Hurepoix.
Dans la chapelle de La Roche, nous apercevons, au-dessus du portail d'entrée, dans la rosace, le blason et la devise des Lévis " Dieu ayde au second chrestien Lévis ".
Un Lévis aurait été baptisé juste après Clovis, premier chrétien.Les armoiries pleines des Lévis, portées par Milon, fils aîné du premier Philippe connu ( d'or aux trois chevrons de sable), se trouvent dans notre église, au-dessus des portes de la sacristie.
Le plus ancien seigneur de Lévis, connu sous le règne de Philippe Auguste, est Philippe de Lévis, dont le fils GUI 1er fit à Notre Dame de la Roche la première donation qui permit l'édification de l'abbaye.
Dès le XIIème siècle, les Lévis jouèrent un rôle important dans la croisade contre les Albigeois, auprès de Simon de Montfort.
Louis VIII les surnomma à cette occasion "les maréchaux de la foi".
GUI 1er fut le premier maréchal des Albigeois et reçut en récompense de ses services, les châteaux de Mirepoix (1209) et de Montségur (1226). Il fut le chef de toutes les branches de son illustre maison.
L'église de Lévis-Saint(Nom fut construite avant le 12ème siècle, sur la limite des diocèses de Paris et de Chartres ; c'est la raison pour laquelle on trouve à l'intérieur, des statues et figures de style parisien et chartrain.
Elle a été édifiée entre deux monastères: l'Abbaye de la Roche, totalement achevée au milieu du 13ème siècle et le prieuré de l'Yvette, construit aux 9ème/10ème siècle. Le chanoine Grégoire, qui est venu chaque dimanche à Lévis célébrer la messe pendant plusieurs années, nous a fait découvrir les dernières traces du passage des moines dans notre église. Il s'agit de deux petites tablettes clouées sur le côté droit des deux stalles les plus proches de l'autel, qui servaient de support pour les lampes à huile des moines et pieusement conservées par les Lévissiens.
De l'église du XIIème siècle, il subsiste la partie inférieure, épaulée régulièrement de contreforts à trois ressauts, terminés par un glacis montant jusqu'à la toiture. C'est une longue chapelle accompagnée d'une tour terminée en pavillon d'ardoise.
La tour carrée, avec ses fenêtres géminées, tout le tour méridional de la nef, avec ses étroites fenêtres et l'arcade ogivale bouchée qui servait autrefois d'entrée, datent des premières années du 13ème siècle. Au début du 16ème siècle l'édifice subit un profond remaniement et c'est à cette époque que remonte le portail à cintre surbaissé, qui donne accès à l'église par le côté ouest. L'archivolte de ce portail repose à droite sur un cul-de-lampe sur lequel on remarque avec intérêt une figure chimérique à visage humain et à corps de dragon, et à gauche sur un autre cul-de-lampe orné d'un musicien jouant de la cornemuse.
Toutes les églises, entre Reims et Chartres, ont énormément souffert de la guerre de 100 ans. Après cette dernière, la nôtre a dû subir de gros travaux. Ce sont des charpentiers de marine qui ont refait la voûte ; la plupart sont en bois, en forme de coque renversée de navire.
La dédicace de l'église fut faite le 5 juillet 1537, le jour même de la fête de SAINT-NOM, patron de la paroisse.

Haut

Dans le chœur de l'église de Lévis une plaque de marbre blanc rappelle qu'à cet endroit fut inhumé un membre de la famille des Lévis : " Emmanuel second, de Cruzols, Duc d'Uzès, premier pair de France, Gouverneur de Saintonge, décédé le 1er juillet 1692, à l'âge de 50 ans ".
Le dernier seigneur de Lévis, Charles-Emmanuel de Crussol d'Uzès, échangea Lévis-Saint-Nom avec Louis XV en 1721.
Ce dernier ne garda pas longtemps ce domaine ; dès 1723 il le vendit à Bernard du Rieu, comte de Fargis et celui-ci le revendit en1727 au Comte de Toulouse, qui démolit le château en le réduisant au simple état de propriété territoriale, dépendante de son vaste domaine de Rambouillet.
A la mort du Comte de Toulouse le 1er décembre 1737, son fils, louis Jean Marie de Bourbon, Duc de Penthièvre, lui succéda dans tous ses domaines et fut le dernier Baron de Lévis. Il vendit ses terres au Roi Louis XVI.
Notre-Dame de la Roche abrite toujours la sépulture des seigneurs de Lévis, depuis GUI 1er(c'est à dire du 13ème au 20ème siècle).
La sacristie, adossée au chevet oriental, est un édicule relativement moderne et sans caractère, bâtit en 1765, par le curé François Legat, grâce à des dons de plusieurs notables de la commune et des environs. Nous pouvons citer parmi eux, le Duc de Penthièvre, l'abbé de la Clue, Prieur Commandataires de l'abbaye de Notre-Dame de la Roche, Monsieur Lebas, propriétaire de la Boissière.
En entrant, à droite, la porte des fonds baptismaux à été murée. Pourtant sa signification était symbolique, puisque la bible nous dit " Etroite la porte qui mène à la Vie ". Sa dimension illustrait cette phrase ; cette porte s'appelait aussi porte des catéchumènes.
Un peu plus loin, du côté sud de la nef, une autre porte a été murée ; elle conduisait directement au cimetière sans passer par la porte de la vie, ou porte du baptême.
A l'intérieur, la plus célèbre statue, placée au milieu du mur du chevet, est une Vierge à l'Enfant du 14ème siècle, en pierre, mais de marbre au visage et aux mains. Elle mesure 1m10 de hauteur, elle est appelée Notre-Dame de la Roche.
Provenant de l'abbaye voisine, et installée dans l'église depuis 1810, elle est l'objet depuis toujours d'une grande dévotion, et d'un pèlerinage qui a lieu le 8 septembre (fête de la Nativité de la Vierge).
A droite et à gauche, deux statues de style parisien à plis droits : Saint-Thibault, célèbre abbé de l'abbaye voisine des Vaux-de-Cernay (de 1235 à 1247), apparenté à la famille de Lévis, est représenté avec la mitre et la crosse des abbés tournées vers l'intérieure ; et Saint-Nom, dont une main maintenant cassée portait une église, ce qui indique que l'on a bien voulu représenter là notre saint patron.
Au milieu des chœurs, deux statues de style chartrain, à vêtements drapés. Nous trouvons à la droite la statue de Saint Mamert (15ème siècle), qui était appelé familièrement Saint Memet. Nos ancêtre lui attribuaient le pouvoir de guérir les affections et maux abdominaux. On l'implorait aussi lors des accouchements difficiles

Haut

Saint Mamert (vers 480), martyr, éventré par ses bourreaux, ramassa ses entrailles et les emporta dans ses mains. Evêque de Vienne en Dauphiné, il est l'inventeur de la fête des Rogations, instituée pour la protection de Dieu devant les catastrophes naturelles. Il est fêté le 11 mai.
En face de Saint Mamert, on trouve la statue de Sainte Geneviève (début du 16ème siècle). Cette dernière (426-512) sauva paris en 451 des hordes d'Attila et de la famine, en organisant son ravitaillement.
Dans la nef, dans une niche, on voit le statue de Saint Pierre (16ème siècle). La statue porte à son dos la mention : Sanctus Petrus fessatonsis Yvettae patronus (Saint Pierre patron des fossés de l'yvette).
En face de cette statue de Saint Pierre, se retrouve un autre petite statue de la Vierge, en pierre. Elle set vraisemblablement dans l'église de Lévis depuis le 15ème siècle. Elle porte l'Enfant-Jésus sur le bras droit, et le drapé de son manteau est élégant.
Il faut remarqué que les statues de la Vierge, toutes les deux classées, sont toujours polychromées comme à l'origine.

Un grand et beau Christ en croix du 16ème siècle, en bois aussi classé, est placé contre l'arc qui rachète la différence entre les toits de la nef et du chœur. Des trois personnages qui existaient à l'origine au pied de la croix, il ne reste plus que Sainte Marie-Madeleine.
On ne peut quitter l'église sans parler de son clocher, si cher encore actuellement aux enfants de Lévis, qui chaque dimanche vont sonner les deux cloches. Primitivement il en contenait trois, dont deux d'entre elles ont été supprimées à la Révolution. L'une d'elles avait été bénie par l'abbé Legat, dont nous parlons plus haut, et qui en fit, presque à lui seul, les frais pour le service de son église.
Après la révolution et au bout début du 19ème siècle, il ne restait dans le clocher qu'une grosse cloche, celle qui y est aujourd'hui - offerte en l'année 1602, et sous le pastorat de Mr Alexandre Corbellin, par Messire Emmanuel de Crussol, duc d'Uzès, pair de France, l'un des derniers barons de Lévis, qui en fut le parrain. Il lui donna le nom de Marie, la marraine en étant marie de Rubentel, épouse du seigneur du Mesnil-saint-Denis, Messire Loys Habert de Montmort. Cette cloche, qui date du règne d'Henri IV, serait antérieur au gros bourdon de Notre-Dame.
Avec cette grosse cloche de 1602, il y a une petite cloche qui fut apportée en 1810 de l'Abbaye de Notre-Dame de la Roche, et dont il ne reste rien après les différents cambriolages qu'a connus notre église.
On peut lire sur cette cloche l'inscription : " L'an 1646, du temps de noble et vertueuse Dame Gabrielle d'Amilly, Abbesse, cette cloche est nommée " Jeanne " par noble Homme Jean Couturier, lieutenant général de Mantes "
Selon les auteurs du "Gallia Christina", Gabrielle d'Amilly, qui mourut en 1633, était dès la date de la fusion de cette cloche, abbesse de l'Abbaye Royale de Saint-Corentin, monastère des Bénédictines près de septeuil.

 
Haut